Eurovision 2026: le Monténégro dit non à l’anglais et assume son monténégrin

À l’Eurovision, il y a une tradition quasi automatique: gagner la sélection nationale… puis annoncer, l’air faussement détendu, qu’une version anglaise arrive très bientôt.
Le Monténégro, lui, a décidé de faire exactement l’inverse.

Tamara Živković, fraîche gagnante de Montesong, a confirmé que “Nova Zora” sera interprétée en monténégrin à l’Concours Eurovision de la chanson 2026. Pas d’adaptation de dernière minute. Pas de compromis linguistique. Et surtout, pas d’excuses.

Et franchement? Ça fait du bien.

Un petit choix qui fait beaucoup de bruit

Sur le papier, garder sa langue peut sembler anodin. Dans la réalité eurovisuelle actuelle, c’est presque un acte de caractère.

Tamara l’explique sans détour: il existera bien une version anglaise de la chanson, mais uniquement comme clin d’œil aux fans internationaux. Sur la scène de Vienne, la chanson arrivera telle qu’elle a été pensée, écrite et ressentie.

Parce que “Nova Zora” ne se contente pas de sonner bien. Elle raconte quelque chose. Et pour Tamara, ce message ne fonctionne pleinement que dans sa langue d’origine.

De l’ombre à la lumière, sans changer de cap

Il y a deux ans, Tamara était passée par Montesong sans faire de vagues. Une participation discrète, peu de votes du public, et une sortie sans bruit.

Cette année, le scénario était très différent.

Dès la publication des chansons, “Nova Zora” figurait parmi les favorites. Et au moment du verdict, les chiffres ont parlé: 22 points cumulés jury + public, avec une avance confortable sur ses poursuivants.

Même ainsi, la victoire ne s’est pas imposée instantanément dans sa tête. Ce moment suspendu, ce silence intérieur quand on annonce ton nom, Tamara le décrit très simplement: la réalité met parfois quelques secondes à arriver.

Une eurofan avant d’être une candidate

Tamara ne parle pas de l’Eurovision comme d’un tremplin opportuniste. Elle en parle comme d’un endroit familier, presque intime.

Elle ne se souvient pas précisément de la première édition qu’elle a regardée. Elle se souvient surtout de cette pensée très claire: un jour, je veux être là. Une image qui s’installe et refuse de partir, même après un premier échec.

C’est aussi pour ça qu’elle défend aujourd’hui ses choix avec autant de calme.

Quand la langue fait partie du message

Écrite par Boris Subotić“Nova Zora” parle de transformation, d’émancipation et de prise de conscience. Tamara parle même d’une petite révolution intérieure.

Et dans cette histoire-là, la langue n’est pas un accessoire. Elle est centrale.

Chanter en monténégrin n’est ni un geste nostalgique ni une posture folklorique. C’est, selon elle, la seule manière de rester fidèle à l’essence de la chanson.

Les critiques? Classique, mais gérable

Évidemment, la victoire n’a pas fait l’unanimité sur les réseaux. Quelques remarques sur la performance vocale, des soupçons habituels… bref, l’Eurovision dans toute sa splendeur.

Tamara, elle, relativise. Elle reconnaît son perfectionnisme, rappelle qu’elle chantait et dansait simultanément pour la première fois, et insiste sur un point très juste: à l’Eurovision, on écoute autant qu’on regarde.

L’énergie compte. Le message aussi.

Direction Vienne, sans traduire

La mise en scène sera retravaillée pour Vienne, tout en conservant le fil conducteur de la transformation. Le texte, lui, ne bougera pas.

Avec 35 pays en compétition et la scène de la Wiener Stadthalle en ligne de mire, le Monténégro ne cherchera pas à se faire comprendre à tout prix.

Il choisit de se faire ressentir.

Dans un concours où l’anglais règne souvent en maître, ne rien traduire devient presque un geste audacieux.

Et parfois, à l’Eurovision, c’est exactement ce qu’il faut pour se démarquer.

Source: cdm

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